lundi 25 septembre 2017

#Etude L’instinct business, ce 6e sens que tous les entrepreneurs n’ont pas#gerardpocquet

Capture d'écran et source:  https://www.maddyness.com

#Etude L’instinct business, ce 6e sens que tous les entrepreneurs n’ont pas https://www.maddyness.com

Nez, flair, intuition… Autant de synonymes pour désigner l’instinct. Si l’on ne sait pas toujours comment l’appréhender, tous les entrepreneurs s’accordent à le dire  : c’est LA qualité des dirigeants. 

Deux choses instruisent l’homme de toute sa nature : l’instinct et l’expérience” a dit Blaise Pascal. Et la dernière étude d’Opinion Way pour American Express d’entreprises semble lui donner raison. Réalisée auprès de 502 dirigeants, elle rapporte que “l’instinct business”, cette capacité à se fier à son instinct pour créer et/ou diriger une entreprise est une, sinon la, qualité fondamentale pour les dirigeants des TPE et PME. Bonne nouvelle : selon 85% d’entre eux, elle n’est pas innée, mais s’acquière avec le temps. Il faut cependant différencier l’instinct business des automatismes (qui relève plutôt de l’habitude, de la répétition) et de la capitalisation de l’expérience pure et dure – apprendre de ses erreurs en gros. 
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Concrètement, l’instinct business c’est : avoir le gout du challenge (91%), l’envie d’innover (92%) et la capacité à s’adapter dans un monde un mouvement. Or le développement de l’économie numérique y a participé, en incitant les dirigeants à entreprendre et en faisant de l’agilité une valeur centrale. D’ailleurs, les champions de l’instinct business toujours selon Opinionwat, ce sont les jeunes dirigeants : 90% des moins de 45 ans pensent avoir l’instinct business, surtout dans les TPME (48%). 
Avoir l’instinct business c’est aussi et surtout savoir l’écouter. Si elle n’est au début qu’une petite voix que le doute et le manque de confiance en soi feront vite taire, elle peut, à force d’entraînement, devenir un sixième sens ultra développé qui saura se faire entendre au bon moment. 
Pour le développer, pas de recette miracle. Les sondés sont unanimes : ça passe par l’expérience avant tout ! 85% d’entre eux pensent que l’instinct business s’acquiert au fil du temps, quand 96% pensent que l’expérience professionnelle quotidienne est le premier levier pour le développer. Pour l’immense majorité d’entre eux, l’instinct business se développe via les échanges quotidiens, grâce à l’environnement culturel et l’entourage personnel, voire très proche pour les 54% qui ont des entrepreneurs dans leur famille. 

vendredi 22 septembre 2017

Uber perd son droit d’opérer à Londres#gerardpocquet

Uber perd son droit d’opérer à Londres

22/09/2017 https://www.frenchweb.fr
Mauvaise surprise pour Uber. La plateforme de VTC vient de se voir refuser sa demande pour renouveler sa licence d’exploitation à Londres. Cette décision inattendue signifie ainsi que la firme américaine n’aura plus l’autorisation d’opérer dans la capitale britannique à partir du samedi 30 septembre, lorsque sa licence actuelle aura expiré. Toutefois, Uber peut faire appel de cette décision sous 21 jours et conserve le droit de faire rouler ses véhicules tant que les procédures n’auront pas été étudiées.
Dans un communiqué, Transport for London, la régie des transports en commun londoniens, a déclaré que «l’approche et la conduite d’Uber démontrent un manque de responsabilité d’entreprise en relation avec un certain nombre de problèmes qui peuvent avoir des conséquences en matière de sûreté publique et de sécurité».
Sur les réseaux sociaux, Sadiq Khan, le maire de Londres, a immédiatement apporté son soutien à la décision de Transport for London. «Je soutiens pleinement la décision de Transport for London. Ce serait une erreur si Transport for London avait continué d’accorder une licence à Uber alors qu’il existerait une quelconque menace pour la sécurité des Londoniens», a-t-il déclaré. Et d’ajouter : «Toutes les entreprises à Londres doivent respecter les règles et les normes élevées que nous attendons, en particulier en ce qui concerne la sécurité des clients.»

Bond spectaculaire des tarifs pour obtenir une licence VTC à Londres 

La décision de Transport for London intervient quatre jours après la publication par la régie de ses nouveaux tarifs permettant d’obtenir une licence pour circuler dans Londres. Ces derniers ont explosé, passant de 2 826 livres Sterling il y a cinq ans à 2,9 millions de livres Sterling, soit l’équivalent de 3,2 millions d’euros, pour les cinq prochaines années. Transport for London a fait savoir que ce bond spectaculaire des tarifs ne visait pas spécifiquement Uber, mais permettait d’assurer le coût du traitement administratif des dossiers de VTC et de veiller à ce que ces derniers respectent les règles en vigueur dans la capitale anglaise.
Les tarifs de la régie londonienne sont répartis en huit catégories, en fonction de la taille des entreprises de VTC. Cela commence à 2 000 livres Sterling pour les compagnies de moins de dix voitures et cela grimpe jusqu’à 2,9 millions de livres Sterling pour les entreprises exploitant plus de 10 000 voitures. Avec 40 000 chauffeurs à Londres, Uber se situe ainsi dans la catégorie la plus chère.
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Microsoft Experiences les 3 et 4 octobre 2017

Maxence Fabrion

Journaliste chez Adsvark Media / FrenchWeb - We Love Entrepreneurs

#ConsoCollab L’économie collaborative est-elle corrompue dans le capitalisme#gerardpocquet

Capture d'écran et source: https://www.maddyness.com

D’une approche babacool fondée sur la volonté d’aider son prochain, les plateformes de mise en relation sont devenues de véritables business brassant des millions d’euros. Pour le meilleur ou pour le pire ?

Le mardi matin, Margaux apporte son linge sale chez la voisine de la rue d’à côté. Pour trois euros, celle-ci «loue» sa machine sur le site Lamachineduvoisin. L’après-midi, elle promène le chien d’un retraité grâce à Pwiic. L’an dernier, elle a échangé sa maison avec un couple du Pays Basque pour les vacances et a investi 50 euros dans un jeu de cartes éducatif sur Ulule.
Jamais l’économie collaborative ne s’est aussi bien portée. En 2013, 52% de la population française avait réalisé des transactions (achats ou ventes de biens) entre particuliers via des plateformes, selon l’Ademe. Un chiffre sans doute bien plus important aujourd’hui. Le montant des transactions réalisé via ces plateformes en Europe dépasse les 28 milliards d’euros et pourrait être multiplié par 20 pour atteindre 570 milliards d’euros d’ici 2025, anticipe PwC.

«Aujourd’hui il est plus facile de trouver des clients qu’un emploi»

Si l’expansion de «l’économie du partage» est si importante, c’est qu’elle répond à de multiples attentes de la société. «Des valeurs comme la solidarité et le partage sont particulièrement prisées par les nouvelles générations et reviennent à la mode», assurent Dominique Schalchli (Accorderie de Montpellier) et Marie Treppoz (fondatrice de Welp), dans une tribune du Monde. «Un nombre croissant de Français n’adhère plus au modèle de consommation fondé sur le «posséder toujours plus».
Mais si les pionniers du secteur ont bien été guidés par cet esprit, c’est plus prosaïquement la baisse du pouvoir d’achat qui a poussé autant de sites à se lancer. «Je peux gagner jusqu’à 500 euros de complément par mois», témoigne ainsi Rémy, informaticien dans la banlieue d’Annecy et plombier amateur sur YoupiJob. C’est enfin la technologie qui a facilité la mise en relation entre l’offre et le besoin. «Aujourd’hui il est plus facile de trouver des clients qu’un emploi», assurent Arthur Millerand et Michel Leclerc, avocats spécialisés et fondateurs du blog droitdupartage.

Une professionnalisation croissante

Du coup, les belles valeurs d’humanisme et de partage ont peu à peu cédé la place à un véritable business. Sur Airbnb, certains propriétaires sont de véritables hôteliers professionnels gérant jusqu’à une vingtaine d’appartements exclusivement dédiés à la location touristique. 50% des chauffeurs d’UberX en France travaillent plus de 30 heures par semaine et 71% en retirent la majeure partie de leurs revenus, d’après la Dares. Sur Le Bon Coin, on trouve autant de particuliers que de marchands professionnels qui utilisent le site comme une boutique virtuelle.
Cette évolution énerve profondément les professionnels. Le Groupement national des indépendants de l’hôtellerie restauration (GNI) a ainsi porté plainte en mai 2017 contre deux hôtes de Vizeat et VoulezVousDiner, deux sites permettant d’accueillir des inconnus chez soi pour partager un repas et qualifiés des «restaurants clandestins». «Les sommes versées ne sont plus de la participation, mais de la rémunération», s’énerve Didier Chenet, le président du GNI.

«Quoi de commun entre un chauffeur travaillant 50 heures par semaine pour Uber et un conducteur pratiquant le covoiturage ?»

Pour tenter de mettre un peu d’orde dans tout ça, plusieurs lois ont récemment été votées. la Loi Travail, du 9 août 2016, fixe certaines obligations des plateformes par rapport aux travailleurs indépendants. Elles doivent par exemple prendre en charge les frais d’assurance couvrant les risques d’accidents du travail ou participer à leur formation professionnelle. A Paris, les particuliers louant leur bien sur Airbnb ou d’autres plateformes doivent faire une déclaration préalable auprès des services de la ville. A Barcelone, il est interdit de louer son appartement plus de 31 jours d’affilée et Berlin a carrément proscrit la location en l’absence du propriétaire.
La difficulté à établir une règlementation tient à l’hétérogénéité des profils. «Quoi de commun entre un particulier occupant un emploi à temps plein qui loue son appartement sur Airbnb pendant les vacances, un chauffeur travaillant 50 heures par semaine pour Uber et un conducteur pratiquant le covoiturage» interroge ainsi Olivia Montel, chargée d’études économiques à la Dares et auteur d’un rapport sur l’économie des plateformes.

«L’ubérisation trahit la promesse de l’économie du partage»

Au-delà des problèmes juridiques, les «puristes» dénoncent la dérive «capitaliste» d’un idéal de société. «Faire partie de la communauté Airbnb, c’est comme être client de Leroy Merlin avec une carte de fidélité, rien de plus», raille Hugues Sibille, président du Labo de l’économie sociale et solidaire.
«L’ubérisation trahit la promesse de l’économie du partage», s’insurge également Matthieu Heslouin, le fondateur de VoulezVousDiner. «Cette tendance porte préjudice à l’ensemble de l’économie collaborative dont la promesse initiale est bien le partage et l’échange entre particuliers». Dominique Schalchli et Marie Treppoz, qui vont dans le même sens, plaident eux pour la reconnaissance de la notion «d’entraide civile», qui fournirait un socle juridique aux entreprises collaboratives.
En attendant, certains résistent toujours à la «marchandisation», comme le montre le succès de Wikipédia, où les contributeurs écrivent encore bénévolement, ou de Couchsurfing, où les séjours sont entièrement gratuits. Mais ces exemples risquent de rester des cas isolés. Marc-David Choukroun, fondateur de La Ruche qui dit Oui (mise ne relation de producteurs locaux et de consommateurs) en 2011, a finalement renoncé à la forme coopérative en raison des lourdeurs de gouvernance et des difficultés à lever des fonds. Car pour résister à la concurrence, mieux vaut avoir les reins solides. «Les plus grosses plateformes collaboratives emploient des centaines de développeurs. Mieux vaut donc se méfier du moralisme économique et des solutions toutes faites», met-il en garde. Et même si les plateformes se graissent la patte au passage, 85% de la valeur créée est tout de même captée par les particuliers qui fournissent leurs services.
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Baidu lance un fonds de 1,5 milliard de dollars pour accélérer dans la voiture autonome#gerardpocquet

Baidu lance un fonds de 1,5 milliard de dollars pour accélérer dans la voiture autonome

22/09/2017 https://www.frenchweb.fr
Ces dernières années, la voiture autonome est devenue une priorité pour Baidu. Cette tendance se confirme un peu plus aujourd’hui avec le lancement par le groupe chinois d’un nouveau fonds pour financer les start-up travaillant sur des technologies de conduite autonome. Baptisé «Fonds Apollo», ce nouveau véhicule d’investissement vise à soutenir une centaine d’entreprises au cours des trois prochaines années.
Plus tôt cette année, Baidu a également mis sa technologie de voiture autonome en open source. Le groupe chinois, qui édite le principal moteur de recherche en Chine, a ainsi présenté en avril son projet, baptisé «Apollo», qui vise à mettre sa plateforme dédiée aux véhicules autonomes à disposition des acteurs de l’industrie automobile, principalement les constructeurs, pour qu’ils puissent développer leurs propres voitures autonomes. Selon Baidu, 70 équipementiers, développeurs et start-up ont rejoint la plateforme depuis son lancement en juillet. En proposant ses outils logiciels et matériels en open source, Baidu espère prendre de l’avance sur des concurrents déjà bien avancés sur le marché de la voiture autonome, à l’image de Google et Tesla.

Un premier «modèle viable» en 2018

Baidu entend se rapprocher de son objectif de présenter un premier «modèle viable» de voiture autonome d’ici 2018, avant d’envisager un déploiement plus large avec une production de masse à l’horizon 2021. Pour être dans les temps, Baidu avait annoncé dès décembre 2015 avoir réussi à faire rouler une BMW sans chauffeur sur plusieurs routes de Pékin via sa technologie «Baidu AutoBrain». L’an passé, le groupe chinois avait confirmé ses ambitions dans la voiture autonome en faisant part de son souhait de mener des tests aux États-Unis. L’aventure américaine s’était traduite par l’ouverte d’un bureau en Californie, à Sunnyvale.
La démocratisation de la technologie de voiture autonome voulue par Baidu tranche avec le règne du secret outre-Atlantique. Google et Uber se sont d’ailleurs engagés dans un bras de fer parti pour durer. La firme de Mountain View accuse en effet Uber d’avoir volé la propriété intellectuelle de Waymo, la filiale de Google entièrement dédiée à la voiture autonome, et réclame à ce titre 2,6 milliards de dollars de dommages et intérêts.

Une forte concurrence américaine… et chinoise

Aux États-Unis, Uber continue de mener des tests de voiture autonome tandis qu’Apple, dont le projet de véhicule sans chauffeur semblait au point mort, a obtenu l’autorisation de tester des voitures autonomes en Californie. De son côté, Intel avait annoncé en novembre dernier son intention d’investir 250 millions de dollars dans la conduite autonome au cours des deux prochaines années. La firme américaine a également déboursé 15 milliards de dollars en mars pour racheter la start-up israélienne Mobileye, qui développe des systèmes d’assistance à la conduite de véhicules.
Cependant, la concurrence ne vient pas seulement des États-Unis pour Baidu, elle est également originaire de Chine. Et pour cause, Didi Chuxing, la société qui a eu raison d’Uber sur le territoire chinois, a ouvert plus tôt dans l’année un laboratoire de recherche sur le sol américain, à Mountain View, pour se positionner sur le segment de la voiture autonome. La société chinoise a également levé 5,5 milliards de dollars en avril.
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Maxence Fabrion

Journaliste chez Adsvark Media / FrenchWeb - We Love Entrepreneurs

Soyez créatifs, mangez des cornichons français#gerardpocquet

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Capture d'écran et source: http://www.influencia.net

Il n'est pas connecté, il est très peu probable que vous le croisiez un jour sur le salon VivaTech et l'évocation de son nom peut même faire sourire. Avec son physique de gringalet, le cornichon français a pourtant de quoi devenir un sérieux trublion en matière de communication.

Soyez créatifs, mangez des cornichons français

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Publié le 21/09/2017 http://www.influencia.net

COR-NI-CHON. Trois syllabes qui représentent un sacré challenge de communication pour transformer un sujet a priori banal en cas d’école. Le genre d’exercice dont devraient raffoler les agences de communication, histoire de sortir des sentiers battus. En abordant la thématique du bouchon d’oreille, CLM BBDO s’en sortait avec les honneurs en s’inspirant de l’univers du clip pour faire passer son message et sensibiliser les plus jeunes. En attendant que quelqu’un s’attaque créativement un jour à l’endive, dont la dernière campagne pique les yeux, Jardin d’Orante, avec l’agence Agence Obraz (en collaboration avec Ladies & Gentleman), surfe sur les tendances actuelles pour mettre sur orbite le cornichon.

Si l'entreprise tente depuis deux ans de réintroduire la production de « l’espèce » dans l’hexagone, elle passe à la vitesse supérieure via un web documentaire sobrement intitulé « Cornichons Français », en plus d'un site dédié et d'un hashtag de circonstance : #CornichonFrançais. Pour Emmanuel Bois, directeur général de Reitzel France - Jardin d’Orante, la plante herbacée a des atouts à faire valoir : « Les Français ont de la sympathie pour le cornichon, un produit franchouillard que l’on associe à des moments agréables et de partage. Si le travail sur le goût est bien évidemment l’une de nos priorités, on doit renforcer le côté affectif du produit ».


Les mains dans la terre


Découpée en quatre épisodes, la première mouture de ce reportage nous emmène à la rencontre de ces acteurs basés dans la Sarthe et le Loir-et-Cher. Une mise en bouche que l’on aurait aimée un peu plus longue mais à en croire Emmanuel Bois, cultiver le cornichon réserve bien des surprises et la suite ne devrait pas manquer de rebondissements : « On s’attache à montrer les coulisses d’une filière extrêmement exigeante en matière de production : une récolte qui n’a lieu qu’une fois par an et qui se fait entièrement à la main, des conditions météorologiques particulières avec des températures qui doivent être comprises entre 15 et 35 degrés, beaucoup d’eau et une attention de tous les instants car le cornichon peut doubler de taille en une journée… Pour vous donner une idée, Olivier Corbin, l’un de nos agriculteurs, a perdu la moitié de sa récolte au mois de juin à cause des inondations ».

Si la production française flirte à peine avec les 1% de part de marché mondial, ce retard tricolore est finalement une aubaine pour les entreprises du secteur tant tout est à faire. Un territoire à défricher, comme peut le faire Maison Marc avec son cornichon haut de gamme, quand Jardin d’Orante mise sur l’authenticité et place l’humain au coeur de son dispositif : « Il y a une vraie prise de conscience, aussi bien de la part du consommateur que des entreprises, sur l’importance du made in France, d’adopter une démarche locale et de travailler en collaboration étroite avec les agriculteurs. Pour cette culture, on est vraiment dans la partage de connaissance », commente Emmanuel Bois.


La tête en l’air


Il y a trois ans, c’est Clara Morgane, ancienne actrice X et marraine de la marque, et Marc Veyrat, chef étoilé qui collabore depuis douze ans avec Jardin d’Orante, qui assuraient la promotion des cornichons. Désormais, c’est l’agriculteur qui occupe cette place centrale. Un corps de métier synonyme de dur labeur et qui ne triche pas. En juin 2016, INfluencia publiait les résultats du nouvel index annuel de Cohn & Wolfe sur l’authenticité. « Dans un contexte économique difficile où le niveau de cynisme des Français est plus élevé que jamais, il existe une réelle opportunité pour les marques. Si elles sont capables de faire preuve d’un comportement authentique et de terrroir, une majorité de consommateurs sont prêts à les récompenser en leur restant fidèles mais aussi en les recommandant. Cela est d’autant plus important avec l’explosion des réseaux sociaux où chacun peut facilement et instantanément partager ses opinions avec son entourage, et même au-delà », soulignait Paul Baeyaert, Managing Director de Cohn & Wolfe Paris.

Une stratégie déjà payante qui devrait se confirmer dans les années à venir, même si un plafond de verre existe bel et bien : « L’année dernière, nous avons écoulé la totalité de notre production, à savoir 120 000 bocaux, en moins de trois mois. Cette année nous visons les 400 000 et à terme, nous devons être capables de doubler les volumes tous les ans, sur les cinq prochaines années. On sait également que l’on ne pourra jamais rivaliser avec un pays comme l’Inde, qui au-delà du coût de la main d’oeuvre, peut effectuer trois récoltes par an grâce à son climat ».

Mais alors, le cornichon français peut-il s’inspirer d’un certain Guillaume Gibault, qui a réussi en quelques années à transfigurer… le slip et son univers ? « Forcément, l’exemple du Slip Français donne des idées. Avec une communication simple et sympathique, ils ont su créer un fort attachement à la marque. Le problème avec le cornichon, c’est que le consommateur ne se pose pas la question de sa provenance. A nous de l’éduquer, de le sensibiliser sur cette question. C’est une belle aventure », conclut Emmanuel Bois. Sur son site, Jardin d’Orante mettait à disposition un kit « Mon Cornichon Maison » pour inviter les internautes à s’essayer à la culture de ce fruit. Un kit édité à 2000 exemplaires qui a trouvé preneur en quelques heures. Comme quoi, il y a de l’appétence pour le cornichon.


En attendant la sortie du deuxième épisode le 27 septembre, découvrez la première partie du web-documentaire

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e-cinema.com, une nouvelle génération de cinéma#gerardpocquet


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Capture d'écran et source: http://www.influencia.net

En créant e-cinema.com, la première salle de cinéma digitale, ses fondateurs cherchent bien plus qu'à proposer une nouvelle offre de service en ligne. Ils incitent le marché à bousculer ses codes qui ont fait leur temps comme la chronologie des médias et à se transformer pour donner un nouvel horizon au 7ème art. C'est français et ça promet !

AccueilMEDIAE-CINEMA.COM, UNE NOUVELLE GéNéRATION DE CINéMA

e-cinema.com, une nouvelle génération de cinéma http://www.influencia.net


Publié le 12/09/2017
« Du jamais vu ». C’est sûr, e-cinéma.com en lançant, le 20 octobre prochain, la première salle de cinéma digitale diffusant en exclusivité chaque vendredi un nouveau film étranger, disponible ensuite pendant 12 semaines (soit une exposition exceptionnelle quand on sait qu’un film reste rarement plus de 2 semaines à l’affiche !), joue à fond la carte de la nouveauté, faisant de son slogan plus qu’une promesse. D'autant qu'elle ne se pose absolument pas en concurrence avec Netflix et Amazon car comme le précise d'emblée Frédéric Houzelle, son président fondateur et président d’Atlantis, groupe de production audiovisuel : « notre concept est tout autre que celui de ces géants et surtout quand ils ont des milliards nous avons des millions, il faut donc faire autrement ». Et si cette start-up bien française, en incubation depuis 2 ans, éveille curiosité et attention, c’est parce que ses géniteurs fans et pros du cinéma, de l'internet et de la télévision veulent offrir un nouvel horizon au 7ème art en participant à sa transformation. D’ailleurs, à ceux qui disent « le cinéma c’est mieux en salle », Frédéric Houzelle rétorque : « Le monde bouge qu’on le veuille ou non. Entre le numérique qui touche tous les secteurs, le piratage et les attentes des consommateurs en termes de mobilité et de mode de consommation conditionnées par l’ATAWAD, évoluer est une nécessité si on veut que l’influence du cinéma rayonne encore et encore sur la culture en France, et si on veut que le grand public -cinéphile averti ou non- découvre des nouveautés et que ce client/roi satisfait ne boude pas ce secteur ». Une posture qui se défend alors que selon des estimations du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), sur les huit premiers mois de l’année 2017, les entrées en salle de cinéma, au nombre de 138, 82 millions, ont baissé de 0,8% en un an. Et ce, même si en août 2017, leur fréquentation a progressé de +5,9% par rapport à la même période 2016, avec 16,43 millions d'entrées.


Un complément à la salle classique : vital et inéluctable ?


Présentée comme complémentaire aux salles obscures, « e-cinéma.com qui n’a pas de concurrent a pour ambition de bouger les codes et surtout de remettre en cause la chronologie des médias qui, si elle a été profitable au marché par le passé, n’est plus en phase avec les habitudes et les usages d’aujourd’hui en imposant des fenêtres d’exploitation bien trop restrictives », insiste Roland Coutas, vice-président de e-cinema.com, ancien journaliste et producteur et ex-fondateur de Travel Price.com ou acquéreur de Telemarket.fr « D’autre part, notre plateforme, en proposant un e-billet à 5,99 euros (incluant 5 jours pour regarder le film à partir du moment où on l’a activé) et un forfait mensuel sans engagement à 9,99 euros, est une réponse aux contraintes économiques, géographiques et familiales que n’importe quelle personne rencontre parfois dans son quotidien, l’empêchant immanquablement de se faire une toile ». Un concept incitatif qui devrait aider à améliorer le taux de fréquention puisqu'actuellement les  Français vont, en moyenne tout juste un peu plus de 3 fois par an au cinéma alors que 700 films sortent dans le même temps.

Ainsi au lieu de désemplir les salles, e-cinema.com devrait au contraire représenter « une manne financière supplémentaire grâce à une fréquentation diversifiée et plus nombreuse tout en permettant à plus de nouveaux et très bons films d’être vus, car sans cette offre ils resteraient sur les étagères faute de moyens pour les exploiter », souligne Bruno Barde, directeur artistique de la plateforme et DG du Public Système Cinéma en charge de la DA de festivals comme ceux du Cinéma Américain de Deauville, Marrakech, Gerardmer (fantastique), Beaune (policier)… D’autant que ce nouveau guichet « hors salles » et synonyme de liberté affiche une ligne éditoriale forte et exigeante avec pour principes de défendre le cinéma comme un art, de placer la qualité au-dessus de tout et de le rendre accessible à tous au-delà de sa cible acquise des cinéphiles. « Je préfère que mon fils lise Proust sur tablette plutôt que pas du tout », insiste un brin provocateur Bruno Barde faisant ainsi un parfait écho à la célèbre phrase de Jean Vilar : « l’élitisme pour tous ». Ni séries ni productions françaises donc, laissant la place aux films en tous genres, indépendants ou d'auteurs des 4 coins du monde. « On achète des films soumis à une offre et on ne répond pas avant les distributeurs traditionnels », souligne son DA « mais les réalisateurs sont intéressés par notre démarche car c’est pour eux la possibilité que leur film soit vu. Ils sont très concernés par ces nouvelles formes de contenant ouvrant de réelles perspectives pour leur oeuvre ». A ses côtés, pour mener cette politique d’acquisitions qui « veut nourrir les spectateurs et développer leur sens critique », Hangameh Panahi (Celluloïd Dreams, Mubi et membre de l’Académie des Oscars) et Daniel Preljocaj (ex-TF1), des spécialistes en la matière.


Bousculer la chronologie des médias avec un RV le vendredi


« « Du jamais vu » », reprend Thomas Thévenin, directeur marketing de e-cinema.com et ex Pathé « est une formule qui fait sens car e-cinéma.com diffusera directement en ligne tous les vendredis à 14 heures 30, un film inédit et visible en exclusivité sur n’importe quel terminal. Ajoutant ainsi un rendez-vous autre que celui du mercredi pour les salles. Tout en étant très tactique, car il permettra aux abonnés de télécharger le long métrage pour le week-end et de l'emmener même dans des endroits où il est difficile de se connecter : soit 52 nouveautés par an, en plus du catalogue composé de films jamais exploités en France et qui en comprend déjà une trentaine ». Outre l’excellent et inquiétant « My Friend Dahmer » de Marc Meyers présenté au festival de Cinéma Américain de Deauville 2017, et programmé pour le premier trimestre 2018, les 1ères séances d’e-cinema.com afficheront « Outrage Coda » du japonais, Takeshi Kitano, « The Bachelors » de l’américain, Kurt Voelker avec Julie Delpy, « Hevn » (Revenge) premier film norvégien et canadien, « Paradise » du réalisateur iranien Sina Ataeian Dena ou encore « The confirmation » avec Clive Owen, réalisé par Bob Nelson

Une inauguration qui se fera sur les produits Apple (TV, ordinateur, tablette et mobile) avant de s’étendre à Android d’ici la fin de l’année, tandis que des pourparlers avec des opérateurs de box sont en cours et qu’une levée de fonds est programmée. De quoi rayonner auprès des internautes et mobinautes, et même si les objectifs sont tenus secrets, Thomas Thévenin reconnait que « si la plateforme séduit à terme 10% des 3, 2 millions de cinéphiles hebdomadaires actuels, l’équipe -qui se donne deux ans pour bien implanter le concept- considérerait avoir relevé le pari », sachant que le business model ne sera pas soutenu par des espaces publicitaires. « Toutefois, on ne s'interdit pas de monter des partenariats avec des marques pour accompagner nos produits », poursuit le directeur marketing, tandis que Philippe Houzelle confirme : « Nous avons les moyens de nos ambitions, mais nous restons vigilants sur notre équilibre financier ». Une étape réussie qui lui permettra -à l’horizon 2019- de produire 4 à 5 films français exclusifs et originaux pour la plateforme. Ces longs métrages -au budget raisonnable- seront réalisés par des cinéastes sélectionnés par la direction. Mais déjà plusieurs, comme Benoît Jacquot ou Bruno Dumont, ont manifesté leur intérêt pour le projet, puisque « ces œuvres mettront l’accent sur la créativité conformément à la ligne éditoriale de la plateforme les laissant libres de leur choix artistiquement  ». En outre, elles seront d’abord en exclusivité sur la plateforme et auront leur propre chronologie des médias, mais rien n’interdira, qu’elles soient ensuite diffusées sur d’autres canaux y compris dans les salles.

Une line-up soutenue par une émission hebdo, un spot Tv et les réseaux sociaux


En attendant, e-cinema.com doit se faire connaître avec évidemment un spot diffusé en télévision, des projections pour les professionnels exactement comme le font des distributeurs classiques, et une présence active sur les réseaux sociaux. Non seulement pour parler de sa programmation -alimentée également par des courts métrages- mais aussi pour reprendre des extraits de son émission : Vendredi 14h00. Conçu et animé par Audrey Pulvar, ce magazine hebdomadaire de 26 minutes proposera un débat, un invité de la semaine (rencontré chez lui ou sur son lieu de travail) et un Magneto de 1 minute 30 spécialement dédié à la sortie de la semaine. « Cette émission est pensée comme une prescription culturelle et cinématographique qui s’adressera au public quel qu’il soit », promet Audrey Pulvar « mais à l’image de la ligne éditoriale exigeante de la plateforme nous éviterons toute forme de conformisme afin de refléter le plus largement possible la diversité du cinéma. Notre objectif est  vraiment de prolonger " l 'acte " du cinéma ». Enfin, insiste Frédéric Houzelle « Nous comptons aussi sur la presse qui -au-delà de son travail de critique- doit accompagner cette mutation et jouer un rôle de passerelle au-delà même du modèle que nous présentons ». Et ils auront raison car c'est une question de timing...

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jeudi 21 septembre 2017

Adolescent : le droit à l'interruption volontaire de grandir#gerardpocquet

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Capture d'écran et source: http://www.influencia.net

De plus en plus présents parmi nous sont les adultes qui peinent à quitter le royaume de l’enfance, l’âge de toutes les curiosités possibles, où l’on explore, papillonne sans limites… Il était une fois la généalogie de ce phénomène, et le décryptage des motivations de ces nouveaux Peter Pan, Ces adultes qui ne grandiront jamais (1).

Adolescent : le droit à l'interruption volontaire de grandir http://www.influencia.net


Publié le 20/09/2017

L’enfant ne disparaît jamais en nous. Quand nous atteignons l’âge adulte, nous pouvons choisir d’ignorer sa présence ou de le refouler quand il cherche à se faire entendre. Nous pouvons aussi tenter de lui faire de la place. Quand il la prend en entier, autour de nous on s’exclame, le regard mi-amusé mi-réprobateur : « Quel grand enfant vous êtes ! » Nos sociétés sont aujourd’hui plus ouvertes à cette part d’enfance que chacun porte en lui. De nombreux signes en attestent. Certains adultes ont leurs cahiers pour colorier et dessiner dans leur coin. D’autres traversent joyeusement les villes en trottinette, affublés de pantalons fluo. Dans les appartements néobourgeois, les jouets d’enfants trônent fièrement au milieu des objets décoratifs. Et depuis quelques années, nos téléphones sont devenus de beaux joujoux sophistiqués. Quant aux joueurs de jeux vidéo, leur âge moyen a depuis longtemps dépassé quarante ans… Notre monde n’oppose plus aussi fermement la jeunesse et la maturité. Passer de l’une à l’autre ne signifie pas renoncer à l’une pour l’autre. Les frontières entre les deux sont devenues poreuses et ont donné naissance à un nouveau type d’individus.


Qu’importe l’avenir !


Qui sont-ils, ces individus d’un nouveau genre ? Avant d’essayer de les définir, essayons d’abord de les imaginer. J’ai souvent à l’esprit, quand je pense à eux, l’image de voyageurs dans un port qui regardent partir les bateaux. Pour être plus précis : ils regardent s’éloigner un bateau en particulier, celui qui emporte avec lui les secrets de leur avenir. Ces voyageurs insolites éprouvent un plaisir particulier à rester sur le quai le jour où s’en va le bateau qui devait les conduire sur d’autres rives. Qu’importe l’avenir ! Ils n’embarqueront pas : le quai est leur destination finale. Leur plus grand plaisir est justement celui-là : différer l’heure du départ. Plaisir de l’attente, du rêve, de la contemplation. Plaisir du songe et de la non-action. Plaisirs et réjouissances de l’inaccompli. Cioran disait que ceux qui n’accomplissent rien dans leur existence sont les plus sages des hommes, car en ne produisant aucune œuvre, ils restent toujours purs : « Les désœuvrés saisissent plus de choses et sont plus profonds que les affairés : aucune besogne ne limite leur horizon ; nés dans un éternel dimanche, ils regardent – et se regardent regarder. » Si Cioran dit vrai, ces voyageurs qui restent sur le quai de la vie appartiennent sans le savoir à cette minorité d’élus et de privilégiés.

Pendant des siècles, il n’y eut guère de place pour eux. La vie possédait une trajectoire fixe et implacable. De la naissance à la mort, ses grandes étapes s’imposaient à tous : adolescence, maturité, vieillesse. L’enfance à peine entamée, il fallait la quitter et voguer vers cet âge adulte où tout se jouait. Au début du xxe siècle, l’entrée en lice de Peter Pan révéla au grand jour ce que les artistes avaient souvent éprouvé dans le secret de leur art : que l’enfance était le vrai royaume, qu’ici s’écrivait la partition la plus décisive de notre existence, et que là résidait, en conséquence, l’étape où demeurer le plus longtemps possible. Mais comment y parvenir ? Comment réussir cette heureuse prouesse : arrêter le temps ?


Le syndrome de Peter Pan


Je devine votre regard. Vous vous demandez sans doute : mais de quoi parle-t-il ? Eh bien c’est tout simple. Je parle des « grands enfants », ces adultes restés enfants au fond d’eux-mêmes et qui, consciemment ou inconsciemment, cherchent par tous les moyens à préserver cette part d’enfance. Je parle de ces individus que je croise chaque jour dans la rue, au bureau, dans les magasins ou dans les wagons du métro. Partout où je vais, je les reconnais. Ils arborent souvent cet air rêveur et mutin du passager qui regarde s’éloigner le bateau qui voulait l’embarquer contre son gré. Je parle de ceux qui ne veulent plus grandir. Ou plus exactement, de ceux qui se sentent de plus en plus incapables de grandir. Ceux qui rêveraient, si ce miracle était possible, d’appuyer sur « pause », d’interrompre la fuite du temps, de ralentir son cours irrésistible. Ils sont nombreux aujourd’hui. Combien sont-ils précisément ? Je l’ignore. Ce qui est sûr, c’est qu’ils ont toujours existé. Mais on les a vus apparaître en nombre significatif dans les années 1960. Et par la suite, à chaque décennie, on les a sentis de plus en plus présents parmi nous. Que s’est-il donc passé dans les années 1960 ? Une nouvelle génération a surgi. Contrairement à celles qui l’avaient précédée, celle-ci ne voulait plus se fixer dans un rôle unique. Elle ne voulait plus passer, sans transition, d’une étape de la vie à une autre. Pourquoi se précipiter ? Et pourquoi refermer la porte de l’enfance ? N’était-il pas permis de la laisser grande ouverte, ou au moins entrebâillée ? Cette nouvelle génération ne voulait pas quitter la jeunesse du jour au lendemain. Elle voulait en profiter. Quitte à paraître puérile ou enfantine aux yeux de ceux qui avaient déjà revêtu leurs habits d’adultes.

Le futurologue Alvin Toffler en repéra quelques spécimens dans les foules solitaires des grandes villes américaines et soupçonna que ce n’était qu’un début. Dans Le Choc du futur (1970), il annonça que des êtres « hybrides » allaient bientôt débarquer dans nos écoles, dans nos entreprises, dans nos administrations. Nous devions nous préparer à voir de plus en plus d’enfants dans des corps d’adulte, mais aussi d’adultes dans des corps d’enfant. Il prévint ses lecteurs : l’ordre traditionnel des âges de la vie en serait bouleversé. Dans les années 1970, ces êtres mi-adultes mi-enfants envahirent les divans des psychanalystes. Le psychiatre Dan Kiley, qui les voyait défiler dans son bureau, évoqua, pour les décrire, le « syndrome de Peter Pan » (2). Son diagnostic ? C’étaient des adultes à l’état civil, mais des enfants à l’intérieur. Comme Peter Pan, ils ne voulaient pas grandir. Ils avaient le plus grand mal à prendre des décisions et à se fixer dans une situation. Ils voulaient continuer à s’amuser comme quand ils étaient enfants. Perplexe, Dan Kiley s’interrogea : qu’allons-nous faire de tous ces adultes immatures ?


La fidélité aux joies et aux étoiles


Encore fallait-il comprendre le motif de leur refus de grandir. En étudiant dans le détail plusieurs dizaines de cas, Dan Kiley conclut que ces Peter Pan d’un genre nouveau présentaient deux particularités. La première est qu’ils avaient été élevés par des parents très permissifs qui avaient manqué d’autorité et n’avaient pas osé punir leurs enfants. Ces derniers, privés de limites, n’avaient pas appris à se prendre en charge eux-mêmes et, en grandissant, certains sombraient dans l’irresponsabilité. La seconde particularité identifiée par Dan Kiley est que ces « hommes-enfants » éprouvaient une peur panique de l’avenir. En demeurant au seuil de l’existence, ces grands enfants ne cherchaient même pas à entrer à reculons dans l’avenir, ils ne voulaient pas y entrer du tout. Pendant des siècles, l’enfance avait été l’antichambre de la vie. Pour les « grands enfants », cette antichambre était en train de devenir la vie même. Mais la peur de l’avenir n’était peut-être qu’un prétexte. Et le « syndrome de Peter Pan » n’était pas qu’une pathologie. Rappelons-nous la phrase que Saint-Exupéry a placée en exergue du Petit Prince : « Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants, mais peu s’en souviennent. »

Laissons de côté le contexte historique quelques instants. Il me semble qu’on peut aussi formuler cette hypothèse : contrairement à la majorité de leurs congénères, les grands enfants ne veulent pas oublier leurs premières années. Non seulement ils ne veulent pas les oublier, mais ils voudraient y rester encore un peu. Parfois sans se l’avouer à eux-mêmes. Une des leçons qu’ils ont tirées de leur enfance, c’est qu’il est bien plus amusant de rêver sa vie que de la vivre. Au lieu de se hâter comme les autres vers un horizon inconnu, ils préfèrent regarder, imaginer, inventer, prendre leur temps et rêver à tous les horizons que ne verront jamais ceux qui s’en sont choisi un. Vivre sans horizon, telle est leur ligne de conduite. Ils se réservent pour cette autre vie qu’ils ne sauraient définir si vous le leur demandiez, mais dont ils sont convaincus qu’elle vaut tous les trésors du monde. Loin de souffrir de régression ou de retard infantile, ils seraient donc en harmonie avec eux-mêmes, fidèles aux joies et aux étoiles de leurs premières années.


Une troublante lucidité


Qu’on s’en étonne, qu’on s’en amuse ou qu’on s’en agace, les grands enfants ne varient pas. Leurs goûts et leurs idées semblent avoir été coulés dans l’or du temps une fois pour toutes. Mais le plus troublant est ailleurs. Non contents d’être restés les mêmes depuis l’enfance, les questions qu’ils posent, elles, paraissent en avance sur notre temps, comme si l’interruption volontaire de grandir, loin de les avoir retardés sur le chemin de la vie, leur avait conféré des dons d’anticipation. Qu’on songe seulement aux films de Jacques Tati et à son grand enfant Hulot, à ce qu’ils nous annoncent de notre monde robotisé, déshumanisé, dominé par un babil électronique global et incessant. Peut-être que les grands enfants sont plus lucides que nous – une lucidité qui les retient dans l’entresol de la vie.

1. Ces adultes qui ne grandiront jamais. Petite sociologie
des grands enfants, Rémy Oudghiri, éd. Arkhe, 2017. 2. Le Syndrome de Peter Pan. Ces hommes qui ont refusé
de grandir, Dan Kiley, éd. Odile Jacob, 2000 (1re éd., 1983).



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